RACINES · Décider à l'avance de ce à quoi on donne son attention, et tenir cette décision
Ce que cela veut dire concrètement. Décider, avant d'être sollicité, à quoi l'on va donner son attention et pour combien de temps — puis tenir cette décision lorsque la sollicitation arrive. Ce qui s'observe est ce que l'on fait au moment précis où l'ennui s'installe.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué : le soutien matériel de la décision : laisser l'appareil dans une autre pièce, couper les notifications, poser un cadre horaire. Ces appuis sont utiles et ne trichent pas.
- Ce qui ne doit pas l'être : la décision elle-même. Une attention gouvernée de l'extérieur n'est pas une attention gouvernée : c'est une contrainte subie, qui tombe avec le dispositif qui la portait. Attendre d'un système qu'il vous rende disponible à ce qui compte supposerait en outre qu'il sache ce qui compte pour vous — ce jugement est le vôtre, et il l'est par construction.
- Ce qui se dégrade si on le délègue : l'élève protégé mais jamais exposé n'acquiert rien. Il se tient bien tant que le cadre tient, et se trouve démuni le jour où on le lui retire, c'est-à-dire à sa majorité.
- S'acquiert avec ou sans assistance : sans, par des tâches qui ne récompensent pas immédiatement. La méditation, le tour de compost, la conduite d'un levain, l'observation suivie d'une parcelle : rien n'y arrive vite, et c'est précisément l'entraînement.
Comment on le voit
Une tâche longue, utile et peu gratifiante, sans surveillance rapprochée. Observez la durée avant la première interruption, ce que l'élève cherche à ce moment-là, et s'il revient de lui-même — et non pas s'il a l'air concentré.
La question qu'on vous pose
Dans votre établissement, protège-t-on l'attention des élèves en supprimant les sollicitations, ou en leur apprenant à y résister ? Qu'observez-vous le jour où la protection est levée ?
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