TÊTE · Vérifier une affirmation avant de s'en servir, et savoir dire sur quoi repose sa confiance
Ce que cela veut dire concrètement. Avant d'utiliser une information dans un travail, une décision ou un cours, aller chercher un second point d'appui indépendant du premier, puis être capable d'énoncer à voix haute pourquoi l'on tient cet énoncé pour suffisamment établi. L'acte observable n'est pas « douter » : c'est produire la trace de la vérification, et distinguer une affirmation vraie en général d'une affirmation vraie dans le cas présent.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué — la collecte des sources, la comparaison de versions d'un même texte, le repérage d'une citation, la traduction.
- Ce qui ne doit pas l'être — la décision de tenir un énoncé pour assez sûr pour agir dessus, et l'exposé des raisons de cette décision. Déléguer cette décision ne la remplace pas : elle disparaît. On n'a plus vérifié, on a seulement déplacé sa confiance sans la fonder — et l'on ne peut pas demander des comptes à un système.
- Ce qui se dégrade si on le délègue — la capacité à dire « je ne sais pas encore ». Une réponse fluide et bien construite occupe la place que devrait tenir l'incertitude.
- S'acquiert avec ou sans assistance — les deux, mais l'entraînement premier se fait sans aucun outil : sources contradictoires, archives, témoignages divergents, presse ancienne.
Comment on le voit
On place les élèves devant deux documents également crédibles qui se contredisent sur un fait précis. On n'observe pas qui trouve la bonne réponse : on observe ce qui se passe dans les minutes suivantes. Cherche-t-on un troisième appui ? Sait-on nommer ce qui trancherait ? Accepte-t-on de repartir sans conclusion ?
La question qu'on vous pose
Décrivez une situation, dans votre classe ou votre métier, où une information fausse a été acceptée parce qu'elle était bien formulée. Qu'est-ce qui aurait permis de l'arrêter à temps ?
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