CITÉ · Faire entrer dans la décision l'intérêt de ceux qui n'y siègent pas : le vivant, les absents.
Ce que cela veut dire concrètement. Avant de trancher, nommer qui subira la décision sans avoir pu en discuter — un milieu, un quartier, des enfants qui ne sont pas nés — et dire à voix haute ce que l'on fait de leur intérêt. « Se décentrer » est une disposition : on ne l'observe pas. Nommer les absents dans un argumentaire, si.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué : chiffrer une empreinte, modéliser des effets à long terme, produire des scénarios contradictoires.
- Ce qui ne doit pas l'être : se porter garant d'un intérêt qui n'a pas de porte-parole. C'est un mandat : il se confie, il s'exerce, il se retire. Un système ne peut être ni mandaté ni révoqué, donc jamais tenu à ce qu'il aura défendu.
- Ce qui se dégrade si on le délègue : l'intérêt des absents se réduit à un indicateur, c'est-à-dire à une variable que l'on arbitre contre d'autres. Ce qui n'a pas de voix n'a plus non plus de veto.
- S'acquiert avec ou sans assistance : avec, pour la mesure ; sans, pour l'habitude d'ouvrir une réunion en demandant qui manque à la table.
Comment on le voit
Projet de réaménagement d'une cour d'école. On observe si l'argumentaire nomme au moins un intéressé non présent — les arbres, les riverains, les élèves de dans dix ans — et si quelqu'un accepte explicitement de parler en son nom pour la durée de la séance.
La question qu'on vous pose
Dans les décisions que vous prenez, qui subit sans être consulté ? Avez-vous mis en place quelque chose pour lui donner une place, et cela tient-il ?
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