CITÉ · Auditer un traitement automatisé et pouvoir conclure qu'il ne doit pas être mis en service.
Ce que cela veut dire concrètement. Ouvrir un système qui décide à la place de quelqu'un : retrouver les données qui l'ont entraîné, mesurer ses écarts de traitement entre groupes de personnes, formuler une conclusion écrite et la soutenir devant ceux qui l'ont déployé. La formulation d'origine parlait de « rester en règle » : la conformité est un seuil, pas une fin. On audite pour rendre des comptes aux personnes concernées.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué : l'inventaire des données, les tests statistiques d'écart, la production de la documentation technique.
- Ce qui ne doit pas l'être : qualifier un écart mesuré d'injustice. C'est un jugement politique et non une opération de mesure : il désigne un tort, et quelqu'un qui en répond.
- Ce qui se dégrade si on le délègue : un audit conduit par le système audité, ou par un outil du même fournisseur, ne produit plus qu'une conformité de façade. Un audit dont la conclusion « ne pas mettre en service » est structurellement impossible n'est plus un audit.
- S'acquiert avec ou sans assistance : avec, pour la partie technique ; sans, pour l'exercice de conclure et de tenir sa conclusion devant une autorité qui en préférerait une autre.
Comment on le voit
On remet une grille d'attribution — bourses, affectations, aides — et ses résultats ventilés par groupe. On observe si la personne distingue l'écart constaté du tort qu'il cause, et à quel moment elle demande qui a choisi les critères, et sur quel mandat.
La question qu'on vous pose
Avez-vous déjà vu un audit conclure à l'arrêt d'un dispositif ? Qu'est-ce qui l'a rendu possible — ou impossible ?
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