FLAMBEAU · Conduire autrui à formuler lui-même la réponse qu'on aurait pu lui donner
Ce que cela veut dire concrètement
Quelqu'un bute sur un problème. Vous connaissez la réponse, et vous ne la donnez pas. Vous posez une question qui déplace son point de vue, vous relancez à partir de ce qu'il vient de dire, vous supportez le silence. L'acte est observable à un signe unique : la formulation finale sort de sa bouche à lui, avec ses mots, et il peut la refaire seul le lendemain.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué : fournir l'information manquante, préparer une banque de questions, vérifier un fait, mettre à disposition la documentation, tenir le temps de la séance. Un collègue, un manuel ou un outil font cela sans dommage.
- Ce qui ne doit pas l'être : le fait de retenir une réponse qu'on détient. Ce n'est pas une abstention, c'est un acte, et il n'a de sens que porté par quelqu'un qui sait déjà — sinon ce n'est plus retenir, c'est ignorer.
- Ce qui se dégrade si on le délègue : dès que la réponse vient d'ailleurs, l'autre obtient un résultat et perd l'opération. Or l'objet visé n'était pas la réponse : c'était la capacité à la produire. Transmettre la réponse supprime exactement ce qu'on voulait construire. La délégation ne rate pas la cible, elle détruit la cible.
- S'acquiert avec ou sans assistance : sans aucun outil. Deux personnes, un problème, un quart d'heure.
Comment on le voit
Placez deux personnes devant un problème que l'une a résolu et l'autre pas, pendant quinze minutes. On observe la répartition du temps de parole, et surtout le moment où celui qui sait dispose de la réponse et ne la livre pas : ce qu'il fait de ce moment est l'objet de l'observation.
La question qu'on vous pose
Décrivez une fois où vous avez donné la réponse alors que vous auriez pu la faire trouver. Qu'est-ce qui vous y a poussé : le temps qui manquait, la fatigue, l'inconfort du silence, la présence d'un tiers ?
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