RACINES · Reprendre après un échec en modifiant ce qui l'a causé, plutôt qu'en recommençant à l'identique
Ce que cela veut dire concrètement. Après un échec — une planche de semis perdue au gel, un projet interrompu —, reprendre le travail en ayant modifié un paramètre identifié, et pouvoir dire lequel. L'antifragilité ne se lit pas dans l'humeur de celui qui encaisse, mais dans l'écart entre la deuxième tentative et la première.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué : l'analyse des causes, la recherche de solutions éprouvées, la comparaison des variantes. Un tiers compétent fait cela vite et bien.
- Ce qui ne doit pas l'être : le fait d'encaisser. Une épreuve traversée à votre place vous laisse indemne, donc inchangé. L'antifragilité n'est pas un résultat que l'on obtient, c'est une modification de celui qui a tenu — et il n'y a personne d'autre à modifier que vous. Déléguer l'épreuve, c'est en supprimer l'effet.
- Ce qui se dégrade si on le délègue : on obtient une correction, pas un apprentissage. Le même échec revient sous une autre forme, parce que rien dans la personne n'a bougé.
- S'acquiert avec ou sans assistance : sans. Il faut avoir eu quelque chose en jeu et l'avoir perdu. Le potager fournit ces pertes réelles et peu coûteuses : une culture ratée, une récolte manquée, une saison à recommencer.
Comment on le voit
Une culture est perdue pour la deuxième fois. Observez ce que l'élève propose : recommencer à l'identique en espérant mieux, abandonner la culture, ou modifier une variable précise — date de semis, exposition, protection — qu'il sait nommer et justifier.
La question qu'on vous pose
Dans votre pratique, quel échec vous a réellement changé ? Qu'est-ce qui, dans la manière dont il s'est déroulé ou dont on vous a accompagné, a fait qu'il vous a rendu plus solide au lieu de vous décourager ?
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