RACINES · Mettre son expérience en récit pour en tirer des leçons qu'un autre puisse reprendre
Ce que cela veut dire concrètement. Consigner une expérience vécue, la relire à distance, et en tirer un énoncé utilisable par quelqu'un qui n'y était pas : voici ce que j'ai fait, voici ce qui s'est passé, voici ce que j'en retiens. Cela se vérifie au carnet et à la relecture, non à la qualité du style.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué : la mise en forme, la correction, la structuration d'un texte long, la recherche du mot juste. Rien de tout cela n'est le cœur de l'exercice.
- Ce qui ne doit pas l'être : l'élaboration. Le récit ne vaut pas comme texte, il vaut comme travail : c'est en cherchant comment le dire que l'on comprend ce que l'on a vécu. Un récit rédigé à votre place produit un document exact et un auteur qui n'a rien appris. S'y ajoute que celui qui vous lit s'appuie sur le fait que vous y étiez ; ce crédit-là ne se transfère pas.
- Ce qui se dégrade si on le délègue : le texte gagne en lisibilité et perd sa fonction. On obtient un compte rendu quand on visait une expérience digérée.
- S'acquiert avec ou sans assistance : sans, pour la première écriture ; avec, ensuite, pour la reprise. Le carnet de semis et le journal du levain servent exactement à cela : des faits datés, des ratés notés sans être fardés, une relecture six mois plus tard.
Comment on le voit
On rend à l'élève son carnet tenu six mois plus tôt et on lui demande ce qu'il ferait autrement. Observez s'il peut désigner un passage précis, reconstituer ce qu'il croyait alors, et formuler une leçon qu'un camarade pourrait suivre sans avoir vécu la scène.
La question qu'on vous pose
Tenez-vous une trace écrite de votre pratique ? Si oui, qu'est-ce qui vous a fait y revenir — et qu'y avez-vous retrouvé que votre mémoire n'avait pas gardé ?
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