RACINES · Abandonner une méthode qu'on maîtrise quand elle a cessé d'être la bonne, et se remettre en apprentissage
Ce que cela veut dire concrètement. Renoncer à une manière de faire que l'on maîtrise, et dont on tire une part de sa valeur, parce qu'elle a cessé d'être la bonne. L'acte observable n'est pas d'apprendre du neuf : c'est de nommer ce que l'on abandonne, et d'accepter de redevenir maladroit un moment.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué : la veille, l'inventaire des méthodes disponibles, la démonstration d'une technique nouvelle. Un tiers compétent vous fera gagner des mois.
- Ce qui ne doit pas l'être : le renoncement lui-même, et le critère qui le déclenche. Désapprendre est un acte qui porte sur vous : c'est votre geste, votre habitude, votre autorité acquise qui doivent céder. Demander à un autre de lâcher prise à votre place est une phrase sans objet.
- Ce qui se dégrade si on le délègue : on ne devient pas plastique, on devient suiveur. Qui laisse un tiers décider quand changer change au rythme des recommandations reçues, et ne sait plus dire pourquoi.
- S'acquiert avec ou sans assistance : indifféremment, à condition que le renoncement coûte quelque chose. La permaculture s'y prête : un tour de main appris ailleurs peut être inadapté à ce sol-ci, et il faut deux saisons pour l'admettre.
Comment on le voit
Une technique que l'élève maîtrise, et qu'il montre aux plus jeunes, échoue deux saisons de suite. Observez le délai avant qu'il envisage d'en changer, ce qu'il invoque pour la défendre, et s'il finit par énoncer ce qu'il abandonne — pas seulement ce qu'il adopte.
La question qu'on vous pose
Qu'avez-vous désappris au cours des cinq dernières années ? À quel signe avez-vous su qu'il était temps : un résultat, une remarque, une gêne ?
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