MAIN · Formuler un problème qui n'était pas encore posé, et en défendre l'intérêt devant d'autres
Ce que cela veut dire concrètement
Transformer une gêne diffuse en question formulée. L'acte est repérable : écrire un énoncé qui n'existait pas, dire de quelle observation il provient, et soutenir devant d'autres qu'il mérite qu'on y consacre du temps et des moyens.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué. La reformulation, l'état de l'art, la liste des questions déjà posées, l'exploration rapide d'une piste pour savoir si elle mène quelque part. Une machine produit vingt problématiques plausibles sur n'importe quel sujet, et cela fait gagner des semaines.
- Ce qui ne doit pas l'être. L'engagement du choix. Décider qu'un problème mérite des années de travail, c'est engager un budget, une équipe, parfois une vie ; et devoir en répondre si c'était une impasse. Nul ne peut demander des comptes à un dispositif pour une piste stérile.
- Ce qui se dégrade si on le délègue. Le contact avec la gêne initiale. Recevoir un problème déjà formulé prive de l'expérience qui apprend à reconnaître qu'il y a là quelque chose. Il reste l'exécution, qui s'automatise ; se perd la faculté de voir qu'une question se pose.
- S'acquiert avec ou sans assistance. Avec ou sans. L'assistance éprouve vite la fécondité d'une piste. Elle ne peut pas fournir l'inconfort d'où part la question, lequel suppose d'avoir été quelque part.
Comment on le voit
Après une visite, un stage ou une enquête de terrain, demandez non pas une réponse mais l'énoncé d'une question. Observez si cette question s'ancre dans ce qui a été vu — elle cite un fait précis, une contradiction rencontrée — ou si elle décalque un sujet scolaire attendu.
La question qu'on vous pose
Vous souvenez-vous d'un élève ayant posé une question que vous n'aviez pas prévue ? Qu'en avez-vous fait, et qu'est-ce qui rend difficile, dans vos conditions de travail, d'en faire quelque chose ?
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