CŒUR · Entretenir un collectif quand il n'y a plus de tâche commune pour le justifier
Ce que cela veut dire concrètement. Un groupe s'est formé autour d'un travail ; le travail s'achève. La compétence consiste à faire les gestes qui font qu'il en subsiste quelque chose : marquer la fin, garder trace de ce qui a été fait ensemble, prendre des nouvelles sans motif, accueillir les nouveaux venus en leur transmettant l'histoire du groupe, revenir vers ceux qui s'éloignent. Des actes datés, souvent minuscules, et régulièrement omis.
Déléguer, ou pas
- Ce qui peut être délégué : la logistique, les rappels, l'archivage, la mise en forme d'une mémoire collective, l'organisation matérielle des retrouvailles.
- Ce qui ne doit pas l'être : le geste d'attention lui-même. Prendre des nouvelles vaut par ceci qu'une personne a consacré à une autre un temps qu'elle aurait pu employer ailleurs.
- Ce qui se dégrade si on le délègue : une attention automatisée finit toujours par se reconnaître, et une fois reconnue elle vaut moins que rien : elle signale que le lien n'a pas paru mériter du temps. Le message d'anniversaire expédié par un système en est l'exemple ordinaire — il produit l'inverse de son objet.
- S'acquiert avec ou sans assistance : le rappel peut être assisté ; ce dont on se fait rappeler ne peut pas l'être. On peut être averti qu'il faut appeler quelqu'un ; l'appel reste à passer.
Comment on le voit
Situation : trois mois après la fin d'un projet ou d'un séjour, on observe ce qui subsiste sans dispositif imposé — qui a repris contact avec qui, à quelle occasion, et ce que le groupe est encore capable de faire ensemble. On décrit ce qui persiste ; on ne note personne sur sa sociabilité.
La question qu'on vous pose
Quel groupe, dans votre vie, a survécu à sa raison d'être ? Qui, concrètement, a fait le travail de le maintenir en vie ?
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